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vendredi 22 mai 2009

L'aïkido, art de vivre...

La pratique et l’étude incluent des choix de vie.
On ne peut préconiser des échanges harmonieux sur un tatami et vivre différemment au sortir du dojo.
Les pressions de la société dite « moderne », celui de l’employeur, celui des embouteillages, celui des échéances, etc. tout cela crée le fameux « stress ».
Et en parallèle, on veut toujours plus de « plaisirs », un maximum de gains matériels et de préférence avec un minimum d’efforts.
Ce goût de l'effort se perd et nous baignons de plus en plus dans des univers de tricheurs-voleurs, où les plus « malins » s’en sortent souvent avec les honneurs, au détriment de toute morale.
Constatation frustrante qui n’arrange rien..
On comprend vite que tout cela constitue un cocktail de contradictions qui creuse le fossé entre les contraintes journalières et les espoirs de vie équilibrée.
Ceux-ci sont fréquemment contrariés par "les lois de la jungle" auxquelles nous sommes de plus en plus confrontés…
Il nous reste heureusement de nombreux choix, et l’aïkido peut apporter des réponses.
Sans avoir à vivre en ermite, on peut concilier un environnement qui nous est imposé avec des actions conformes à un idéal harmonieux.
La première des conditions est d’avoir la faculté de prendre du recul par rapport aux courants quotidiens.
La deuxième, tout aussi essentielle, est de ne pas suivre tête baissée la façon de vivre du voisin, du cousin, du copain, ou d’un modèle existant de l’autre côté de la terre (!)…avec le souci de faire comme les autres, qui croient eux aussi être dans le bon courant et au top de ce qui se fait, se pense, se vit…*
Car manque de bol, les meilleures solutions ne sont pas forcément celles adoptées par la majorité.
Il suffit de constater à quel point l’occident malade, croit se guérir par les drogues qui lui sont proposées à tout va et à outrance : antidépresseurs, neuroleptiques et somnifères dont les français sont d’ailleurs les champions de la consommation.
Toujours à la course de la performance, il se lance en même temps dans l’usage de substances survitaminées voir dopantes.
Ces 2 options, l’une comme l’autre à l’opposé de solutions « naturelles », font basculer la gestion du quotidien dans les excès, sans pour autant jamais rien résoudre dans le fonds.

* « Presque tous reçoivent leurs idées toutes faites et suivent toute leur vie l’opinion.
Ils parlent dans le style du temps, ils s’habillent selon la mode, non par aucun principe, mais pour faire comme les autres.
Imitateurs serviles qui disent oui ou non selon qu’on les a suggestionnés et croient après cela s’être déterminés eux-mêmes.
N’est-ce pas là de la folie ?
Folie incurable car les hommes ne se doutent pas qu’ils sont atteints de cette manie de l’imitation."
(Sagesse orientale)

Les jeunes et l’aïkido - éléments d’analyses et mises en garde

Comme toutes les disciplines, l’aïkido possède ses règles.
Elles sont particulièrement rigoureuses, issues de la culture orientale et sont réunies notamment sous le terme d’« étiquette ».
Plus que tous les autres arts martiaux, l’aïkido traditionnel, d’origine japonaise, inclut dans sa pratique une approche mentale particulièrement difficile d’accès pour un jeune.
Rien d’anormal à cela, l’enfant n’est pas un adulte en miniature mais un adulte en devenir et donc en construction.
Un cours d’aïkido ne peut convenir universellement aux jeunes de 6 à 16 ans.
La méthode pédagogique doit donc être adaptée à une tranche d’âge, par exemple de 6 à 9, de 10 à 12 puis aux pré ados et ados.
Certaines « qualités » sont requises avant toute inscription : minimum de faculté d’attention, de concentration et de discipline.

De même que pour les aïkidokas adultes, la recherche de l’harmonie relationnelle sur le tatami doit s’accompagner d’une vie saine à l’extérieur du dojo.
C’est dire à quel point le rôle d’un enseignant d’aïkido ne se limite pas aux seules limites matérielles du dojo.
Un esprit sain dans un corps sain…cela impose aussi la manière de gérer correctement son quotidien (nichi jo no taïdo).
Avoir acquit un week-end complet de repos (samedi et dimanche) n’oblige nullement à s’incruster devant la télé ou les jeux vidéos ou l’ordinateur jusqu’à des heures avancées de la nuit, au détriment de l’emploi du temps du lendemain …
Ces activités sont passives, n’enrichissent ni le corps ni l’esprit et sont particulièrement phagocytaires d’énergie (certains jeunes en overdose de jeux électroniques pètent d’ailleurs les plombs).
Il est désolant de voir parfois certains jeunes déserter leur cours d’aïkido « au profit » (de qui ?) de tels passe-temps.
La question du ratio quantité/qualité se pose alors indubitablement.
Faut-il privilégier l’inscription aux cours d’un grand nombre de - parfois pseudo - aïkidokas ou bien trier d’emblée selon des critères de profils (lesquels ?), d’investissement et d’assiduité ?
Faut-il ouvrir le dojo au plus grand nombre, au risque de diluer la qualité et le niveau moyen des aïkidokas, ou bien sérier dès le départ ?
On objectera alors, à juste titre, que l’aïkido ne doit pas être sectaire…

Le plus grand risque est qu’à vouloir plaire à tous on ne satisfasse personne et que surtout, l’aïkido se dénature au point que ça ne soit plus de l’aïkido, discipline parmi les plus rigoureuses…

jeudi 16 avril 2009

L'Aïkido et les Séniors



Rappelons la nécessité de la poursuite d'une activité chez le 3e âge afin d'éviter les problèmes engendrés par la sédentarité qui à cette période de la vie se cumulent à ceux liés au vieillissement de l'organisme (athériosclérose, arthrose, osthéoporose). Le fondateur de l'aïkido a pratiqué jusqu'à la fin de sa vie (86 ans) et toujours avec autant d'efficacité.

L'aïkido peut répondre aux objectifs généraux de la pratique d'un sport du 3e âge :

- lutte contre le vieillissement par l'exercice de toutes les fonctions en particulier respiratoires : retrouver une amplitude correcte

- cardio-vasculaire

- meilleure adaptation à l'effort

- locomotrice : les mouvements exercés de façon régulière retardent l'évolution arthro-sique et ostéo-porotique

- recherche du plaisir et du bien-être par la prise de conscience corporelle et la pratique en groupe

- autonomie : reprise de la confiance en soi, revalorisation permettant de retrouver une indépendance et de se socialiser

Lors de sa visite d'aptitude, les épreuves d'effort seront à exclure car trop dangereuses et soumettant le pratiquant à un effort nettement supérieur à celui qui sera exigé lors de la pratique.

Enfin, on peut remarquer un "vieillissement psychologique" retardé chez l'aïkidoka. Alors que dans la plupart des sports la catégorie des vétérans commence entre 35 et 45 ans, en aïkido cette limite est reportée nettement au-delà.

L'importance de l'expérience en aïkido est tellement déterminante (étant un art et non un sport) que l'accumulation des années va de pair avec un accroissement de la qualité de la pratique : l'aïkidoka ne voit donc pas ses performances diminuer avec l'âge.

Compte-tenu qu’il n’y a pas de compétitions en aïkido, aucune recherche de performances physiques ne se trouve induite et chacun peut librement gérer selon sa propre approche et ses propres besoins, la pratique étant modulable à l’infini.

La lune et le doigt



The moon & the hand

En septembre dernier un jeune aïkidoka pratiquant depuis plusieurs années a fait savoir qu’il souhaitait changer d’activité car « il trouvait que l’aïkido n’était pas assez physique ».
C’est le reflet d’une incompréhension ou l’emploi d’un alibi…

Chacun étant libre il n’est nullement nécessaire de se justifier quand on décide de quitter un dojo ou découvrir une autre activité, de même que le maître peut décider de se séparer d’un élève sans avoir à se justifier…

Mais c’est l’occasion de rappeler que bien que l’aïkido ne soit pas dans la lignée des sports, à la recherche perpétuelle de performances physiques (surtout que l’aïkido n’est pas un sport), il est évidemment possible d’adopter la pratique que l’on souhaite en y donnant le rythme que l’on veut.
On dit en aïkido que « le partenaire est en quelque sorte notre propre miroir » ou bien « que l’on ne peut donner en aïkido que ce que l’on reçoit du partenaire ».
En conclusion ce jeune ne donnait rien et ne recevait rien.

Craignons que cela soit pareil quelque soit l’activité choisie et dans tous les actes de la vie courante tant que ces principes ne seront pas admis, assimilés et…appliqués.

On n’est pas aïkidoka que quelques heures par semaine : c’est aussi « un art de vivre » et « une philosophie ».

Ne pas comprendre cela, mieux vaut effectivement faire autre chose que de l’aïkido où l’on ne trouvera jamais sa voie.

Une fois de plus le sage montre la lune, l’imbécile ne voit que le doigt…

Attention : ces considérations générales n'ont rien de personnel et n'entachent en rien le souvenir des moments amicaux passés sur et en dehors des tatamis. La porte de notre dojo demeure biensur ouverte.